Ministère de la Santé: mis en sourdine, l'IGF enquête.


14 Jul
14Jul

A peine nommée en qualité d’Inspecteur général des Finances, Jules Alingete Key vient de dépêcher une mission de contrôle sur la gestion des fonds, biens, dons et ressources de toute nature mis à la disposition du comité multisectoriel du ministère de la Santé et de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).


«Quand les Occidentaux donnent des dons, il faut démontrer qu’ils sont bien gérés. Depuis quelques semaines, il y a trop d’allégations d’un présumé détournement dans le secteur de la santé de notre pays. C’est la mission confiée à l’IGF». L’homme qui parle est ce qu’on appelle «une source bien informée » qui a ses entrées dans les principales institutions du pays.


 

De quoi s’agit-il ?


Par ordre de mission n°29/PR/IGF/IG-CS/JAK/BDP/2020 daté du 9 juillet 2020, l’inspecteur général des finances Jules Alingete Key a chargé les inspecteurs généraux des finances Djamba Ya Ndjondjil, chef de mission, Wassongolua Ndongolo, Mutombo Kalonji et Lutete Mvemba d’une « mission officielle » auprès du comité multisectoriel de lutte contre la pandémie liée au Coronavirus, du ministère de la Santé ainsi que des services spécialisés relevant de ce département dans la ville de Kinshasa.


L’objet de la mission est double. En amont  : procéder au contrôle de la gestion des ressources (fonds, biens, dons) de toute nature mises à la disposition du ministère de la Santé ainsi que ses services spécialisés. C’est le cas notamment de l’institut national de recherche biomédicale (INRB).  En aval  : contrôler la destination et la justification des affectations données aux ressources susmentionnées ainsi que la régularité des engagements conclus par ces services.


Les enquêteurs auront à décortiquer minutieusement toutes les opérations effectuées au cours de la période allant du mois de mars 2020 à ce jour. Durée de la mission : dix jours.


«DUEL À  COUTEAUX TiRES » ENTRE ETENI et MPETI


Depuis plusieurs semaines, on assiste à une sorte de « duel à  couteaux tirés » entre le titulaire du ministère de la Santé, l’Udps Eteni Longondo, et son adjoint étiqueté FCC, Albert Mpeti Biyombo.


Outre une « collaboration conflictuelle » entre les deux hommes, tout commence par un « mémo confidentiel » adressé au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. L’expéditeur n’est autre que le vice-ministre Mpeti. Celui-ci y fait état des «réseaux mafieux » qui détournent les ressources allouées dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Selon lui, ces « réseaux » « exigent des rétro-commissions de 35% » aux allocataires. C’est bien ce mémo qui a déclenché la « Question écrite » adressée au ministre de la Santé, en date du 3 juillet 2020, par le député Fcc François Nzekuye.


Le parlementaire articule, dans sa missive, quasiment les mêmes griefs. A savoir : rétro-commission, enrichissement illicite, achats de médicaments périmés en violation des règles en matière de passation des marchés publics etc.


Dans une déclaration faite, lundi 6 juillet sur Top Congo, le ministre Eteni assure, la main sur le cœur, que le gouvernement a sorti au total un montant de 27 millions $US, mais lui n’aurait géré à son niveau que trois millions $US. Selon lui, la Primature, elle, a administré 17 millions $US. La différence, soit 7 millions $US, « étaient directement versés dans des comptes des hôpitaux qui en avaient besoins » ainsi qu’à « d’autres secteurs ». Qui dit vrai ?


C’est la mission confiée à l’Inspection générale des Finances. Celle-ci dispose-comme on peut le lire sur son site Internet d’une « compétence générale supérieure » en matière de contrôle des finances et biens publics.


Ce contrôle tient tout en état, excepté ceux de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes. A ce tire, l’IGF « contrôle, vérifie ou contre-vérifie, tant en recettes qu’en dépens.


JOHN BRIGHT

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