Medias : Le Gouv’Crispin Ngbundu instaure la terreur à Bumba !


28 May

C’est du gangstérisme d’Etat. Rien d’autre que le Gouverneur de la Province de la Mongala, Monsieur Crispin Ngbundu de connivence avec le Président de l’Assemblée provinciale, viennent d’instaurer à Bumba. Les médias sont muselés, la presse réprimée au point où tout le monde a désormais peur de ce roitelet qui se croit tout permis à la tête de cette province.

Musèlement

Pour lui, les médias seraient en train de saper son honneur et celui de la Reine de la Mongala, Jeanine Mabunda, Présidente de l’Assemblée Nationale.

4 stations des radios ont été fermées, juste sur base d’un communiqué signé le lundi 25 mai dernier, à la suite des émissions politiques organisées dans certains médias.

La vérité

Le vrai problème est que l’on ait ouvert le débat sur les affabulations et hérésies de Mme Mabunda qui a demandé au Premier Ministre l’éclairage sur le statut du Député National Lihau Jean-Pierre, élu dans la même circonscription de Bumba dans la Province de la Mongala.

A cette demande qui cachait la volonté de nuire à la carrière du Député Jean Pierre Lihau, le Premier Ministre n’est pas passé par le dos de la cuillère pour répondre à la Présidente de l’Assemblée Nationale qu’effectivement, il avait émis le vœu de travailler avec l’honorable Jean Pierre Lihau en tant que Directeur de Cabinet adjoint à la Primature. Mais celui-ci a opté pour son mandat à l’Assemblée Nationale après avoir géré le Cabinet du Bureau de l’Assemblée pendant plus de 7 ans ; le bureau dans lequel, il a été Conseiller juridique pendant plus de cinq ans ; outre les charges d’Assistant parlementaire. S’il a besoin de quelque chose de plus, c’est l’expérience d’un Député National.

Ignorance de la procédure

Un simple étudiant en premier graduat Droit enseignerait à la juriste belgicaine que la procédure en cette matière voudrait que les membres du Cabinet d’un politique soient nommés par une Ordonnance, un décret et un arrêté ou une quelconque décision. Voilà ce qui peut expliquer qu’une année après, qu’elle soit en train de piétiner le Règlement Intérieur de cette Chambre au point de ne nommer, si les membres de son Cabinet, ni ceux des autres membres du Bureau. Moins encore les collaborateurs de ses collègues qui sont des Assistants parlementaire. Elle a cru que le Premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba aurait agi de la même manière. Elle voulait en profiter ainsi pour ravir le mandat à ce jeune turc que les Bumbalais ont adopté dans leurs cœurs.  

Ce qui n’est pas vrai dans le cas Lihau qui n’a été que consulté par le Premier Ministre. Il a décliné l’offre. La sagesse aurait conduit Jeanine Mabunda à approcher non seulement son jeune frère, mais aussi et surtout son camarade au parti. Mais, elle va pécher par sortir ce qu’elle croit être les manœuvres que mènerait son jeune frère contre sa personne pour les étaler au Premier Ministre.

Conflit de leadership ou complexe ?

Là, on comprend qu’il s’agit d’un conflit de leadership non seulement dans leur fief respectif où la popularité de celui que les Bumbalais surnomment ‘’Mwana suka’’ dérange; mais aussi et surtout d’un complexe d’infériorité et d’une volonté de nuire à la carrière de Jean-Pierre Lihau qui a une expérience au Parlement de plus de 15 ans d’une manière permanente, comme Assistant parlementaire ou comme Conseiller juridique ou encore comme Directeur de Cabinet adjoint pour chuter Directeur de Cabinet avant d’être élu Député National.

C’est ce qui a été débattu dans différentes émissions dont ‘’Bonjour Bumba’’ et ‘’Appels sur l’actualité’’, animée principalement par José Lingili. Mais la semaine dernière, c’est le confrère Fabrice Ngani qui a reçu quelques députés pour analyser l’actualité.

A la suite de ces émissions, le Gouverneur fait venir le Président de l’Assemblée provinciale à Bumba. Une réunion est convoquée. Vite un communiqué officiel est rendu public. Il suspend quatre stations de radiodiffusion. Ce, en violation de la Loi n°96-002 du 22 juin 1996 portant modalités de la liberté de presse en République Démocratique du Congo qui ne donne cette prérogative qu’au Tribunal de Grande Instance du siège de l’organe de presse qui peut suspendre pour trois mois tout au plus après voir instruit l’affaire.

Le Gouverneur de province de la Mongala a dépassé la ligne rouge pour violer également la Loi Organique n°11/011 du 11 janvier 2011 portant composition, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, CSAC, en sigle. C’est la seule structure en RDC qui peut suspendre un organe de presse à une seule condition : donner l’occasion au Directeur de Programmes ou de Publications de venir présenter ses moyens de défense.

Tortures

Le Gouv’Crispin Ngbundu est passé outre toutes ces dispositions légales pour s’arroger le pouvoir de suspendre les stations de radiodiffusion Mwana Mboka, Mongala, Radio Rurale de Bumba et la Voix de Bumba. Curieusement, la station de la radio de la roitelette de Bumba, Radio-Télé Isomene, RTI n’est pas touchée. Et pourtant, les droits de réponse et répliques ont été effectués dans cet organe de presse en violation du Code d’éthique et de déontologie. 

Diffusé à 16 heures de ce lundi mai 2020, ce communiqué est appliqué à 3 heures du matin du 26 mai 2020, lorsque les policiers armés jusqu’aux dents comme s’ils étaient venus arrêter les bandits, ont assailli les installations de toutes ces stations de radio. Ils ont commencé à saccager les matériels avant de se permettre de couper le signal à 6 heures, sans évaluer les conséquences, et sur le plan de l’audimat de la station de radio, et sur le plan technique ou juridique. Sans notification, le colonel de la ville refusera au départ d’exécuter les ordres de Crispin Ngbundu. Le Gouverneur va envoyer par la suite, sa propre garde qui va cueillir le confrère Fabrice Ngani, direction la résidence du Gouverneur. Le Gouv’Crispin Ngbundu charge ses gardes pour lui administrer les coups à l’aide de leurs cordelettes. L’homme est tabassé comme un serpent devant le Gouverneur de la Mongala et ses collaborateurs de huit heures à 17 heures, Fabrice Fabrice Ngani  est torturé comme un criminel. Ce qui viole également le statut contre la torture et les droits humains. Des infractions imprescriptibles.

A 17 heures, le Gouverneur invite le Colonel de la Police Nationale de la ville de Bumba pour venir prendre son colis. Fabrice Ngani est conduit au cachot où il est exposé au baptême des autres détenus dont des bandits à mains armées qui se chargent également de lui assener de véritables coups, en dépit de ses blessures qui ressemblaient à celles d’Isidore Bakanja, racontent les témoins proches du Gouv.

Il est allongé sur un banc où il va passer nuit en guerre contre les cancrelats, les moustiques et toutes sortes de bestioles.

6 autres journalistes dont quatre de la ‘’Voix de Bumba’’ sont toujours en clandestinité en brousse et recherchés.

Contacté, le Directeur de la radio la Voix de Bumba a condamné ces actes qu’il qualifie de vandalisme. Il réclame la libération sans conditions de son journaliste qui n’a fait que son travail de recevoir quelqu’un d’adversaire qui n’a même pas tenu des propos désobligeants, ni vis-à-vis du Gouverneur, ni à l’égard de Mme Mabunda.

Comme le communiqué ne leur est pas encore parvenu, Aimé Aundu a indiqué qu’il ne sait pas les mobiles de la suspension de ces stations de radiodiffusion qui se battent pour informer la population du coin dans des conditions très difficiles. Ils n’ont rien qu’ils gagnent dans cette profession en dehors de la passion d’informer, de former et de divertir, a conclu le Directeur de La Voix de Bumba.

Joint au téléphone à son tour, le Député élu de Bumba et propriétaire de la chaîne la Voix de Bumba s’est réservé de tout commentaire en suivant de près cette situation qui déchire son cœur, parce qu’il ne peut pas comprendre qu’en tant que législateur, que les gens bafouent les lois par lui élaborées et votées. C’est un affront à la justice, a-t-il lâché avant de balancer en liberté qu’il est révolté que les choses se passent de cette manière dans ce pays que l’on veut comme Etat de droit.

Dossier à suivre.

Nic Kakese/CP

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.