L’état d’urgence sanitaire : Mine d’or pour la Police Nationale Congolaise ?


13 May

Nous, la Dynamique Chrétienne pour défense des Droits Humains et de l’Environnement « DCDHE »en sigle, encourageons le Président de la République S.E. Felix TSHISEKEDI TSHILOMBO pour toutes les mesures prises dans l’Ordonnance de l’état d’urgence sanitaire pour prévenir et lutter contre la pandémie de COVID-19 dans notre pays. Cependant, la DCDHE dénonce la montée des violations manifestes des droits de l’homme par les tracasseries policières à travers plusieurs communes de la Capitale Kinshasa (Masina, Ngaba, Lemba, Kalamu, Limeté, Matete et Makala) dont sont victimes les paisibles citoyens surtout les taximans des motos(Wewa) et des automobiles. Les policiers en cette période se permettent de créer les infractions et les peines en violation de l’article 61 de la Constitution point 4 qui consacre le principe de la légalité criminelle pendant l’état d’urgence. la DCDHE observe avec amertume les comportements suivants : 1-Pour ceux qui oublient de porter des masques en public sont sanctionnés selon les humeurs de chaque policier ;2-les receveurs et les conducteurs de taxis sont interpellés par les unités de la police non qualifiées qui souvent ont tendance d’extorquer tout argent dans les poches ,et ils arrachent violement les motos sans PV de saisie;3-un nouveau phénomène qui commence à s’installer sur Rondpoint Ngaba où les policiers exploitant l’ignorance des wewas, les arrachent leurs motos en les reprochant de conduire en culotte soit de manquer une propreté recommandée pendant l’état d’urgence sanitaire. La DCDHE regrette que les attributions de la Commission Nationale des Droits de l’Homme(CNDH) ne soient pas bien clairement élucidées dans l’Ordonnance de l’état d’urgence sanitaire en sa qualité de Pédagogue officiel du Pouvoir public en matière de droits de l’homme. De ce qui précède, la DCDHE recommande ce qui suit : -Au Président de la république et au Gouvernement congolais : De doter la CNDH au niveau national et dans toutes les provinces, les moyens de mobilité pour bien faire le monitoring de violations des droits de l’homme et de bien sensibiliser les éléments de la Police de travailler dans les limites de l’Ordonnance de l’état d’urgence sanitaire et d’encourager les professionnels de santé qui s’abstiennent de leurs devoirs vis-àvis des patients touchés de COVID-19 ; De bien améliorer les conditions de travail des policiers pendant cette période car ils sont très exposés et certains n’ont même pas de masques ni de détergents pour se sécuriser de la pandémie de COVID qui n’a pas peur de fusil et de tenue militaire. -A la CNDH en tant que Consultant constitutionnel des Institutions de la République pour donner ses avis sur toutes les normes qui riment avec les droits de l’homme : De penser intégrer les coordonnateurs des Antennes provinciales de la CNDH dans les équipes de Riposte dans chaque province atteinte de COVID-19 ; De proposer au Président de la République un régime répressif contre les abus relatifs aux violations de droits de l’homme dans cette période de l’état d’urgence dont les éléments de la Police sont souvent auteurs, le Personnel soignant qui s’abstient de son devoir à l’égard de patient de COVID-19 et de tout comportement illégal qui dérange la lutte contre le COVID19 tel que le détournement d’un médicament ou matériel destiné à la lutte contre le COVID19 par les membres de l’équipe de Riposte. -Aux Autorités de la Police : De sensibiliser d’avantage leurs éléments de la Police avant leur déploiement et de sanctionner davantage leurs commandants d’unité (section ou peloton) qui laissent les abus se commettre ; De sensibiliser les éléments de Police de circulation routière surtout les motards que leur mission traditionnelle est de réguler la circulation routière et non de chercher de l’argent à travers les contreventions routières parfois inventées. Que vivent les droits de l’homme en RD. Congo. Fait à Kinshasa, le 03/05/2020

 

Pour la DCDHE

Me Carlos MUPILI Président national et Point focal Kinshasa de la CN-CPI

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